Habitant la verte province, je me suis fait la réflexion plusieurs fois au printemps et lors de l’été dernier. Je me disais « tiens, je me demande quand ils vont réparer les dégâts de l’hiver dernier ». Aujourd’hui, la réponse est : aucun dégât (sur certaines routes) n’ont été réparés. En cause : le manque de financement bien sûr. Paradoxal puisque Daerden, en charge de l’état des routes à l’époque, clamait haut et fort qu’il avait obtenu (de manière imparable) 600 millions d’€ pour veiller à la tâche. Aujourd’hui, on apprend qu’il n’avait même pas le premier cent pour passer à l’action. Et dire qu’il persiste et signe dans son mensonge. Cette semaine aussi, un échevin en charge de la sécurité routière (Sambreville) percute un cycliste sur la piste cyclable et prend la fuite. Le cycliste, enseignant reconnu et respecté, y perdra la vie. Le coupable démasqué était sous l’influence de l’alcool. Je ne vais pas tomber dans le piège consistant à parler d’une affaire PS de plus, le propos n’est pas là. Force est de reconnaître que lorsqu’on a un mandat politique, le moins que l’on doit faire est de montrer l’exemple. Où en est-on dans tout ça ? Un des commentateurs de ce blog (Sir Robin Dubois) l’écrivait. On a la sourde impression (confirmée pour ma part) que les politiques voient clairement l’état de la Wallonie, du pays en général. Ils savent (sur tous les plans) que la situation est inextricable et qu’elle conduira à la faillite de l’ensemble des régions tôt ou tard. Premier réflexe : sucer le citoyen jusqu’à la moelle, s’en mettre plein les poches et, au moment de l’échéance finale, discourir sur l’état du dépassement du point de non-retour. Je ne suis pas clairvoyant. Mais, si les choses sont aussi noires qu’il y paraît, si l’état avancé de la décrépitude du pays en est à ce point, l’ensemble des citoyens va se fédérer. Ce rassemblement sera-t-il assez uni, assez puissant pour « prendre » la rue ? Nul ne le sait, ni moi, ni nous. Les choses doivent changer, c’est la seule certitude. Pour terminer, je voudrais tenter une image. Sans doute est-ce que certains d’entre-vous connaissent le « Tarot de Marseille ». La dixième lame de ces augures s’appelle « La Roue de Fortune ». Lorsque que cette carte apparaît, il est question d’y voir la fin d’un cycle annonçant promptement le début d’un nouveau cycle (dans sa version positive). « Tout ce qui monte converge, tout ce qui descend fait de même » dit, en d’autres termes un adage. Je pense que nous en sommes là. La Roue a tourner, nous fûmes au sommet quand tout allait plutôt bien, nous avons connu un temps moins agréable puisque nous redescendions (mouvement initié par le monde politique) et nous sommes aujourd’hui dans le creuset de l’épreuve. Il n’y pas d’attentisme avec cette carte. Nous allons remonter, mais on sait que ce ne sera pas grâce aux dirigeants. Je me plais à me demander de où et quand partira l’inévitable sentiment et manifestation durable et vitriolée de révolte. Bonne semaine. |